Login

Les prix du colza et du maïs progressent

Le prix de la graine de colza retrouve ses plus hauts niveaux depuis le début de décembre 2025.

La semaine a été marquée par un jour férié aux États-Unis et par des discours politiques tendus sur les échanges commerciaux. Ainsi, malgré le mouvement de hausse de la parité euro/dollar, les cours des céréales ont peu évolué.

Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.

Confirmés par le dernier rapport de l’USDA (ministère américain de l’Agriculture) du 12 janvier 2026, les fondamentaux restent lourds à l’échelle mondiale, avec des disponibilités importantes désormais intégrées par le marché et par les pays importateurs. En cette seconde partie de campagne, le suivi des appels d’offres et des volumes exportés constituera les éléments déterminants pour estimer la taille réelle des stocks de report, notamment en blé.

Stabilisation des prix du blé

Les baisses de températures sur les plaines américaines, ainsi que sur l’est de l’Europe et de la mer Noire, n’ont guère animé les cours. Les conditions neigeuses semblent apporter des éléments rassurants dans certaines zones. De plus, il est encore trop tôt pour évaluer véritablement les conséquences éventuelles sur les blés d’hiver en place pour la prochaine récolte.

Les risques saisonniers passent aujourd’hui au second plan en raison des disponibilités records au milieu de la campagne de 2025-2026, tant dans l’hémisphère Nord que dans l’hémisphère Sud. Les prix en rendu Rouen évoluent peu. Ils oscillent entre 186 et 189 €/t en base juillet pour des livraisons rapprochées. Les cotations s’ajustent au gré des variations de la parité euro/dollar. Cette dernière a rebondi cette semaine en repassant au-dessus de 1,1750, contre 1,1600 vendredi dernier. Ce mouvement contraint ainsi les cours européens à rester contenus afin de préserver leur compétitivité face aux autres origines disponibles.

Les pays importateurs se sont d’ailleurs illustrés au début de la semaine, avec notamment un achat de l’Arabie Saoudite pour un volume supérieur à 900 000 tonnes, ainsi qu’un repositionnement de l’Algérie. Les importantes disponibilités en blé tendre en provenance de l’Argentine au début de l’année 2026 viennent également challenger les origines mer Noire à destination de l’Afrique du Nord. L’évolution du fret maritime sera donc un élément à suivre de près, d’autant plus après la forte baisse observée depuis le mois de décembre.

Les prix du maïs restent soutenus

Le mouvement de baisse violent des prix du maïs observé la semaine précédente sur le marché américain n’a finalement guère eu d’impact sur la situation européenne. En effet, les cours du maïs sur Euronext se sont légèrement appréciés et ont même évolué au-dessus de 193 €/t sur l’échéance de mars 2026, marquant au passage un nouveau plus haut depuis près de quatre mois. Le mouvement est similaire sur le marché physique où les prix, tant en rendu Bordeaux qu’en Fob Rhin, se négocient proches des récents plus hauts. La demande intracommunautaire demeure active en raison des volumes d’importation toujours peu importants à ce jour.

Toutefois, la confirmation des volumes disponibles en Amérique du Sud ouvrirait un programme possible d’importations plus soutenu depuis l’Argentine et le Brésil dès le printemps prochain pour alimenter les marchés international et européen. Les acheteurs du secteur de l’alimentation animale tentent pour le moment de réduire les volumes d’utilisation dans la limite du possible. En effet, le différentiel de prix entre le maïs et le blé fourrager est à ce jour très faible, ce qui limite l’incorporation du maïs au profit du blé. Très souvent, les cours du maïs s’affichent même à parité avec les cours du blé fourrager, voire au-dessus. En équivalent rendu centre Bretagne, depuis désormais un mois, le maïs s’affiche à un prix 4 €/t au-dessus du blé fourrager.

Retour des prix du colza sur les plus hauts depuis un mois

La graine de colza se raffermit, retrouvant ainsi en milieu de semaine les plus hauts niveaux depuis le début de décembre. Ainsi, sur le marché à terme d’Euronext, l’échéance rapprochée de février 2026 s’est négociée à 480 €/t avant de se replier par la suite sans pour autant repasser sous le seuil de 475 €/t.

Les cours européens suivent ainsi le rebond des prix observé sur le marché canadien du canola à la suite des derniers échanges entre les représentants canadiens et chinois. La baisse annoncée des taxes à l’importation des graines de canola canadiennes pour finalement atteindre le niveau de 15 % est intégrée comme un élément favorable à la reprise des flux commerciaux entre ces deux pays. Les exportateurs canadiens restent néanmoins déçus de la position de statu quo affichée à ce jour sur les taxes dissuasives toujours en place pour les importations d’huile ou de tourteaux canadiens vers le marché chinois.

La graine de canola à Winnipeg parvient ainsi à repasser au-dessus de 640 $CAD/t, soit un retour sur un niveau identique à celui du 3 décembre dernier. Le rebond des cours canadiens profite ainsi au colza européen, sachant toutefois que le programme d’importation déjà annoncé en canola vers les outils de trituration européens ne devrait guère évoluer désormais, en raison du besoin nécessaire d’importation face à la demande européenne.

En parallèle, la détente des cours de l’huile de colza à Rotterdam, au plus bas depuis août dernier, vient contrebalancer le mouvement erratique des produits pétroliers.

Détente des prix des tourteaux de soja

Le mouvement de repli observé depuis la mi-janvier se confirme pour les tourteaux de soja. Ainsi, sur la période rapprochée pour des chargements en spot, les cours oscillent entre 330 et 335 €/t en départ Montoir. Les perspectives de fortes disponibilités de production de soja en Amérique du Sud pèsent ainsi sur les cours qui se négocient en recul. Ainsi, pour des livraisons éloignées à partir de mai prochain, les prix s’affichent autour de 326 €/t, soit un niveau inférieur au prix pour des chargements immédiats.

De plus, le mouvement de baisse est rendu possible par le raffermissement de l’euro face au dollar, évolution qui renforce l’attrait des marchandises d’importation. Sur le marché nord-américain, les cours des tourteaux viennent peu à peu compenser le fort mouvement de baisse observé la semaine précédente. Les cours se réajustent ainsi peu à peu à la hausse après avoir retrouvé les plus bas niveaux négociés depuis octobre. L’échéance de mars 2026 sur la Bourse de Chicago repasse désormais au-dessus de 295 $/tonne courte, sans pour le moment remettre en cause la tendance baissière en place sur ce marché depuis novembre.

L’activité de trituration américaine reste soutenue. Toutefois, les opérateurs américains attendent la version définitive des quotas d’incorporation pour l’année 2026 dans les biocarburants, décidée par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA).

(1) Argus Media, société spécialisée dans le suivi des marchés des matières premières, nous livre son analyse agricole hebdomadaire.
(2) À suivre : Impact du froid sur l’Europe de l’Est sur les conditions de cultures ; évolution des échanges politiques entre les USA et l’Europe sur les droits de douane et l’activation d’instrument européen d’anticoercition ; impact sur le marché du pétrole des menaces américaines contre l’Iran ; mouvement de la parité euro/dollar ; suivi des chargements et des ventes à l’exportation au départ de l’Europe ; clôture de l’échéance de février 2026 sur le contrat colza d’Euronext.

A découvrir également

Voir la version complète
Gérer mon consentement